S.24:32وَأَنكِحُوا الْأَيَامَىٰ مِنكُمْ وَالصَّالِحِينَ مِنْ عِبَادِكُمْ وَإِمَائِكُمْ ۚ إِن يَكُونُوا فُقَرَاءَ يُغْنِهِمُ اللَّهُ مِن فَضْلِهِ ۗ وَاللَّهُ وَاسِعٌ عَلِيمٌwa-ankiḥū l-ayāmā minkumwa-ṣ-ṣāliḥīna min ʿibādikum wa-imāʾikumin yakūnū fuqarāʾa yughnihi llāhu min faḍlihiwa-llāhu wāsiʿun ʿalīmUnissez en mariage ceux d'entre vous qui sont célibataires,ainsi que les gens de bien parmi vos serviteurs et vos servantes.S'ils sont pauvres, Allaah les enrichira de Sa grâce.Allaah est inépuisable dans Ses ressources, parfaitement au fait de chaque situation.
S.4:21وَكَيْفَ تَأْخُذُونَهُ وَقَدْ أَفْضَىٰ بَعْضُكُمْ إِلَىٰ بَعْضٍ وَأَخَذْنَ مِنكُم مِّيثَاقًا غَلِيظًاwa-kayfa taʾkhudhūnahu wa-qad afḍā baʿḍukum ilā baʿḍinwa-akhadhna minkum mīthāqan ghalīẓāEt comment le reprendriez-vous alors que vous vous êtes versés l'un dans l'autre,et qu'elles ont pris de vous une alliance solennelle et pesante (mīthāqan ghalīẓā) ?
S4 · 4:22Wa-lā tankiḥū mā nakaḥa ābāʾukumNe contractez pas de mariage avec celles que vos pères ont épousémina n-nisāʾiparmi les femmesillā mā qad salafaexception faite pour ce qui est déjà passé.innahu kāna fāḥishatan wa-maqtanC'est une turpitude et une abomination,wa-sāʾa sabīlā et quelle mauvaise voie !Notes lexicalesمَا māLe texte emploie la forme non-personnelle مَا (ce que / ce qui), là où مَنْ (celui/celle qui) désignerait des personnes.Ce qui n'est pas dit : la raison de ce choix.Le texte arabe dit مَا mais ajoute immédiatement le complément مِنَ النِّسَاءِ — "parmi les femmes". Ce complément résout dans le texte lui-même ce que مَا laisse ouvert : on sait qu'il s'agit de personnes, et lesquelles. Le français doit donc suivre : "celles que vos pères ont épousées" — la grammaire française l'exige, et le texte lui-même l'autorise puisqu'il a fourni le complément.فَاحِشَة fāḥisha Racine ف-ح-ش :ce qui excède toute mesure dans la laideur morale, l'acte intrinsèquement et profondément répréhensible. Rendu par « turpitude ».مَقْت maqtIbn Fāris, Maqāyīs al-Lugha : م-ق-ت = البغض الشديد, l'aversion la plus profonde et la plus intense qui soit. Rendu par « abomination » dans le sens d'une répulsion absolue.S4 · 4:23Ḥurrimat ʿalaykumIl vous est interdit [d'épouser]ummahātukum wa-banātukum wa-akhawātukumvos mères, vos filles, vos sœurs,wa-ʿammātukum wa-khālātukumvos tantes paternelles, vos tantes maternelles,wa-banātu l-akhi wa-banātu l-ukhtiles filles du frère, les filles de la sœur,wa-ummahātukumu llatī arḍaʿnakumvos mères qui vous ont allaités,wa-akhawātukum mina r-raḍāʿativos sœurs de lait,wa-ummahātu nisāʾikumles mères de vos femmes,wa-rabāʾibukumu llatī fī ḥujūrikumvos rabāʾib qui se trouvent dans votre ḥijrmin nisāʾikumu llatī dakhaltum bihinnaissues de vos femmes avec qui vous avez consommé l'unionfa-in lam takūnū dakhaltum bihinna fa-lā junāḥa ʿalaykumsi vous ne l'avez pas consommée avec elles, il n'y a pas de faute pour vous,wa-ḥalāʾilu abnāʾikumu lladhīna min aṣlābikumet les ḥalāʾil de vos fils nés de vos propres reins,wa-an tajmaʿū bayna l-ukhtayniainsi que de réunir simultanément les deux sœursillā mā qad salafaexception faite pour ce qui est déjà passé.inna llāha kāna ghafūran raḥīmāAllaah est, certes, Ghafūr, Raḥīm.Notes lexicalesحُرِّمَتْ ḥurrimatPassif : « a été rendu interdit ». Le sujet de l'interdiction n'est pas nommé dans le verbe lui-même.Ce qui est dit : l'acte d'interdire est au passif.Non-dit : l'agent — le contexte discursif répond implicitement, mais le texte use délibérément du passif.رَبَائِب rabāʾibSingulier رَبِيبَة, racine ر-ب-ب : celle que l'on élève, que l'on nourrit, que l'on prend sous soin actif. Plus précis que « belle-fille » : implique une relation d'éducation et de tutelle réelle.Le texte ajoute la précision : « qui se trouvent dans votre ḥijr » — ce qui a alimenté un débat jurisprudentiel quant à savoir si cette condition est constitutive de l'interdiction ou seulement descriptive.Dit : la condition figure dans le texte. Non-dit : son statut normatif.حُجُور ḥujūrPluriel de حِجْر : le giron, la sphère de soin et de protection directe, qui implique la présence physique et la prise en charge concrète. Plus que la simple tutelle légale.دَخَلْتُم بِهِنَّ dakhaltum bihinnaEuphémisme coranique pour la consommation de l'union : « vous êtes entré avec elles. » Rendu par « consommé l'union » en français.حَلَائِل ḥalāʾilSingulier حَلِيلَة, racine ح-ل-ل :celle dont l'approche est rendue licite (ḥalāl). Désigne l'épouse en tant que partenaire légitime, par opposition à une simple désignation relationnelle.أَصْلَاب aṣlābPluriel de صُلْب : les reins, la colonne vertébrale. « Nés de vos reins » = fils biologiques. L'ajout de lladhīna min aṣlābikum exclut explicitement les fils adoptifs.غَفُور GhafūrRacine غ-ف-ر : couvrir, envelopper, protéger.Ce que l'on peut dire d'Allaah dans cette direction : ce qui enveloppe et recouvre les manquements. Forme d'intensité (فَعُول). Gardé en translittération pour ne pas réduire le sens.: ر-ح-م Racine رَحِيم Raḥīmla matrice, ce qui contient, nourrit et protège de l'intérieur.Ce que l'on peut dire d'Allaah dans cette direction : ce qui est profondément imprégné de raḥma — l'enveloppement nourricier. Forme d'intensité (فَعِيل). Gardé en translittération.S4 · 4:24Ce verset appelle un traitement particulièrement rigoureux :plusieurs termes ont plusieurs lectures légitimes que le texte seul ne tranche pas. Elles sont toutes exposées.Wa-l-muḥṣanātu mina n-nisāʾi [Également interdites :]les muḥṣanāt parmi les femmes,illā mā malakat aymānukum"ce que votre emprise physique maîtrise" et / ou "ce que vos engagements solennels ont lié"*kitāba llāhi ʿalaykumtelle est la prescription écrite d'Allaah sur vous.wa-uḥilla lakum mā warāʾa dhālikumEt il vous est rendu licite tout ce qui est au-delà de cela :an tabtaghū bi-amwālikum muḥṣinīnaghayra musāfiḥīnaque vous recherchiez [des unions] au moyen de vos biens, en étant muḥṣinīn et non point fornicateurs.fa-mā stamtaʿtum bihi minhunnaPour ce dont vous avez bénéficié d'elles à ce titre,fa-ātūhunna ujūrahunna farīḍatanversez-leur leur rémunération comme obligation due.wa-lā junāḥa ʿalaykum fīmā tarāḍaytum bihi min baʿdi l-farīḍatiIl n'y a pas de faute pour vous dans ce dont vous vous êtes mutuellement accordés après l'obligation.inna llāha kāna ʿalīman ḥakīmāAllaah est, certes, ʿAlīm, Ḥakīm.Notes lexicalesمُحْصَنَات/ muḥṣanātParticipe passif pluriel, racine ح-ص-ن : la forteresse, ce qui est fortifié, mis sous protection.Ce terme peut légitimement désigner :(a) les femmes déjà engagées dans un lien matrimonial ; (b) les femmes libres, protégées par leur statut ; (c) les femmes chastes.Dit : le texte emploie مُحْصَنَات sans en donner la définition dans ce verset. Non-dit : lequel de ces sens est visé ici — la cohérence intracoranicque à partir des autres occurrences est nécessaire pour trancher, et elle doit être conduite séparément.مَا مَلَكَتْ أَيْمَانُكُمْ mā malakat aymānukum*مَ forme non-personnelle.Le Coran dispose du pronom مَنْ pour désigner des personnes — il ne l'emploie pas dans cette formule.Ce choix est constant à travers toutes les occurrences du texte. En S.4:22, مَا est suivi de مِنَ النِّسَاءِ qui lève immédiatement l'indétermination. Ici, aucun complément de ce type n'est donné. Le texte maintient délibérément une désignation non-personnelle dont il ne donne pas la définition.مَلَكَتْ racine م-ل-ك.Al-Farāhīdī (Kitāb al-ʿAyn) : الضبط والإحاطة — maîtriser et englober de toutes parts.Ibn Fāris (Maqāyīs al-Lugha) : deux axes fondamentaux — القدرة على الشيء (l'emprise sur quelque chose) et المُلك (la souveraineté, l'autorité). La racine couvre un spectre allant de la possession matérielle à l'autorité souveraine — elle n'est pas univoque.أَيْمَانُكُمْ pluriel de يَمِين,deux axes lexicaux coexistants dans le Coran lui-même :Axe 1 — la main droite : sens physique attesté.Axe 2 — le serment, l'alliance : sens juridique et solennel attesté en S.5:89 (bi-mā ʿaqqadtumu l-aymāna — "par ce que vous avez contracté comme serments") et S.66:2 (taḥillatu aymānikum — "la dissolution de vos serments").Ces deux axes donnent deux lectures de la formule entière, toutes deux cohérentes avec l'usage coranique :Lecture A — aymān = mains droites : ce que votre emprise physique maîtrise.Lecture B — aymān = serments / alliances : ce que vos engagements solennels ont lié.Dit : le texte emploie مَا — non-personnel — sans définir ce que recouvre la formule. Aucun complément ne lève l'indétermination dans ce verset.Dit : le seul verset du Coran traitant explicitement du sort des captifs de guerre (S.47:4) prescrit deux issues — la grâce (mann) ou la rançon (fidāʾ). L'asservissement n'y figure pas.Non-dit : la nature de la relation désignée par cette formule.L'interprétation jurisprudentielle traditionnelle — captives de guerre, relations sexuelles licites — appartient intégralement au registre du non-dit comblé par le fiqh. Le texte coranique ne le précise pas.Limites des structures de langues:Le français ne dispose pas de structure permettant de porter simultanément le non-personnel de مَا et le sens de la racine م-ل-ك sans résoudre ce que le texte laisse ouvert.Toute traduction personnalisante — "ceux que", "celles que", ou toute désignation d'une catégorie humaine précise — comble un silence que le texte maintient. La formule est donc conservée en translittération.كِتَابَ اللَّهِkitāba llāhi — Accusatif de confirmation : « en tant que prescription écrite d'Allaah sur vous. »Racine ك-ت-ب : écrire, inscrire, prescrire. كِتَاب désigne ici une injonction gravée, une prescription qui a force d'obligation. La même racine est celle du Kitāb.مُحْصِنِينَmuḥṣinīn — Participe actif, même racine ح-ص-ن :ceux qui se fortifient, se mettent sous le sceau de la protection. État d'union licite par opposition à l'écoulement libre. Gardé en translittération.مُسَافِحِينَmusāfiḥīn — Racine س-ف-ح : verser, répandre sans retenue.Désigne la relation sexuelle hors lien légitime, la fornication au sens de l'épanchement sans cadre. Rendu par « fornicateurs ».فَمَا اسْتَمْتَعْتُم بِهِfa-mā stamtaʿtum bihi — « Pour ce dont vous avez tiré bénéfice / jouissance. » Racine م-ت-ع :jouissance, profit, bien tiré de quelque chose.Ce qui est dit:le texte lie le versement de la rémunération au fait d'avoir « bénéficié » de l'union.Non-dit :la nature exacte de ce bénéfice et la forme d'union visée.Ce passage est le lieu d'une divergence majeure et ancienne dans le corpus jurisprudentiel :(a) une partie le lit comme référence au mariage temporaire (mutʿa) ;(b) une autre partie y voit simplement la relation matrimoniale ordinaire.Le texte coranique lui-même ne tranche pas entre ces deux lectures en nommant explicitement l'une ou l'autre. Ce silence est un non-dit qu'il serait contraire à la méthode de combler.أُجُورujūr — Pluriel de أَجْر : le salaire, la rémunération due en échange d'un droit ou d'un service.Ce qui est dit: le texte emploie le terme de rémunération/salaire (أُجُور), non le vocabulaire du don matrimonial (مَهْر / صَدَاق) utilisé ailleurs.Ce qui n'est pas dit: la raison de ce choix lexical précis.فَرِيضَةfarīḍa — Racine ف-ر-ض : ce qui est incisé, gravé, prescrit avec force. L'obligation contraignante.عَلِيمʿAlīm — Racine ع-ل-م. Ce que l'on peut dire d'Allaah dans cette direction : ce qui est en état de connaissance totale et absolue. Forme d'intensité (فَعِيل). Gardé en translittération.حَكِيمḤakīm — Racine ح-ك-م : le jugement, la maîtrise absolue, l'ordonnancement de toute chose à sa juste mesure. Ce que l'on peut dire d'Allaah dans cette direction : ce qui maîtrise et ordonne avec sagesse parfaite. Forme d'intensité (فَعِيل). Gardé en translittération.
S.2:221وَلَا تَنكِحُوا الْمُشْرِكَاتِ حَتَّىٰ يُؤْمِنَّ ۚ وَلَأَمَةٌ مُّؤْمِنَةٌ خَيْرٌ مِّن مُّشْرِكَةٍ وَلَوْ أَعْجَبَتْكُمْ ۗ وَلَا تُنكِحُوا الْمُشْرِكِينَ حَتَّىٰ يُؤْمِنُواwa-lā tankiḥū l-mushrikāti ḥattā yuʾminnawa-la-amatun muʾminatun khayrun min mushrikatin wa-law aʿjabatkumwa-lā tunkiḥū l-mushrikīna ḥattā yuʾminūNe vous unissez pas aux femmes mushrikāt avant qu'elles croient.Une servante croyante vaut mieux qu'une mushrika, même si elle vous plaît.Et n'unissez pas les mushrikīn à vos femmes avant qu'ils croient.
S.4:19يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَا يَحِلُّ لَكُمْ أَن تَرِثُوا النِّسَاءَ كَرْهًا ۖ وَلَا تَعْضُلُوهُنَّ لِتَذْهَبُوا بِبَعْضِ مَا آتَيْتُمُوهُنَّ إِلَّا أَن يَأْتِينَ بِفَاحِشَةٍ مُّبَيِّنَةٍyā ayyuhā lladhīna āmanū lā yaḥillu lakum an tarithū n-nisāʾa karhanwa-lā taʿḍulūhunna li-tadhhabū bi-baʿḍi mā ātaytumūhunnaillā an yaʾtīna bifāḥishatin mubayyinahÔ vous qui avez cru — il ne vous est pas permis d'hériter des femmes contre leur gré (karhan).Et ne les retenez pas en les contraignant pour reprendre une partie de ce que vous leur avez donnésauf si elles commettent une immoralité avérée.
S.4:19يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَا يَحِلُّ لَكُمْ أَن تَرِثُوا النِّسَاءَ كَرْهًا ۖ وَلَا تَعْضُلُوهُنَّ لِتَذْهَبُوا بِبَعْضِ مَا آتَيْتُمُوهُنَّ إِلَّا أَن يَأْتِينَ بِفَاحِشَةٍ مُّبَيِّنَةٍyā ayyuhā lladhīna āmanū lā yaḥillu lakum an tarithū n-nisāʾa karhan — wa-lā taʿḍulūhunna li-tadhhabū bi-baʿḍi mā ātaytumūhunna illā an yaʾtīna bifāḥishatin mubayyinahÔ vous qui avez cru — il ne vous est pas permis d'hériter des femmes *(tarithū n-nisāʾa) contre leur gré (karhan).Et ne les retenez pas en les contraignant pour reprendre une partie de ce que vous leur avez donnésauf si elles commettent une immoralité avérée.
S.4:4وَآتُوا النِّسَاءَ صَدُقَاتِهِنَّ نِحْلَةً ۚ فَإِن طِبْنَ لَكُمْ عَن شَيْءٍ مِّنْهُ نَفْسًا فَكُلُوهُ هَنِيئًا مَّرِيئًاwa-ātū n-nisāʾa ṣaduqātihinna niḥlah fa-in ṭibna lakum ʿan shayʾin minhu nafsan fa-kulūhu hanīʾan marīʾāDonnez aux femmes leurs ṣadāqāt comme don libre.Si de leur propre gré, depuis leur être intérieur (nafsan), elles vous en abandonnent une partieconsommez-le agréablement, sainement.
S.2:232وَإِذَا طَلَّقْتُمُ النِّسَاءَ فَبَلَغْنَ أَجَلَهُنَّ فَلَا تَعْضُلُوهُنَّ أَن يَنكِحْنَ أَزْوَاجَهُنَّ إِذَا تَرَاضَوْا بَيْنَهُم بِالْمَعْرُوفِwa-idhā ṭallaqtumu n-nisāʾa fa-balaghna ajalahunnafa-lā taʿḍulūhunna an yankiḥna azwājahunnaidhā tarāḍaw baynahum bil-maʿrūfQuand vous libérez des femmes et qu'elles atteignent leur termene les empêchez pas (lā taʿḍulūhunna) de s'unir à leurs épouxsi elles se sont accordées mutuellement (tarāḍaw) avec ce qui est reconnu.
S.4:21وَكَيْفَ تَأْخُذُونَهُ وَقَدْ أَفْضَىٰ بَعْضُكُمْ إِلَىٰ بَعْضٍ وَأَخَذْنَ مِنكُم مِّيثَاقًا غَلِيظًاwa-kayfa taʾkhudhūnahu wa-qad afḍā baʿḍukum ilā baʿḍinwa-akhadhna minkum mīthāqan ghalīẓāEt comment le reprendriez-vous alors que vous vous êtes déversés (afḍā*) l'un vers l'autreet qu'elles ont pris (akhadhna*) de vous une alliance solennelle et pesante?
*Le verbe أَفْضَىٰ (afḍā) — de la racine ف-ض-ي : se déverser vers, s'écouler jusqu'à, entrer en contact le plus intime.Ibn Fāris : أَفْضَى إِلَيْهِ : وَصَلَ إِلَيْهِ — il a atteint l'autre, il s'est versé jusqu'à lui. C'est la formule coranique la plus forte pour désigner l'union physique consommée.Elle dit que le versement a été mutuel : baʿḍukum ilā baʿḍin — "certains d'entre vous vers d'autres" — formule réciproque.Le contexte du verset est celui de la question du ṣadāq rendu en cas de séparation :comment reprendre ce qu'on a donné quand l'union a été consommée et que l'alliance a été contractée ?*Le verbe أَخَذْنَ (akhadhna) est à la 3e personne du féminin pluriel passé accompli. Le sujet grammatical est les femmes — elles ont pris.
S.4:4وَآتُوا النِّسَاءَ صَدُقَاتِهِنَّ نِحْلَةً ۚ فَإِن طِبْنَ لَكُمْ عَن شَيْءٍ مِّنْهُ نَفْسًا فَكُلُوهُ هَنِيئًا مَّرِيئًاwa-ātū n-nisāʾa ṣaduqātihinna niḥlatan — fa-in ṭibna lakum ʿan shayʾin minhu nafsan fa-kulūhu hanīʾan marīʾāDonnez aux femmes leurs ṣadāqāt comme un don libre (niḥlatan).Si de bonne grâce elles vous en abandonnent une partie,consommez-le agréablement, sainement.
S.4:24فَمَا اسْتَمْتَعْتُم بِهِ مِنْهُنَّ فَآتُوهُنَّ أُجُورَهُنَّ فَرِيضَةً ۚ وَلَا جُنَاحَ عَلَيْكُمْ فِيمَا تَرَاضَيْتُم بِهِ مِن بَعْدِ الْفَرِيضَةِfa-mā stamtaʿtum bihi minhunna fa-ātūhunna ujūrahunna farīḍatanwa-lā junāḥa ʿalaykum fī mā tarāḍaytum bihi min baʿdi l-farīḍaPour ce dont vous avez joui avec elles, donnez-leur leur rémunération (ujūrahunna) comme obligation.Il n'y a pas de faute pour vous dans ce sur quoi vous vous accordez mutuellement au-delà de l'obligation.
S.65:2فَإِذَا بَلَغْنَ أَجَلَهُنَّ فَأَمْسِكُوهُنَّ بِمَعْرُوفٍ أَوْ فَارِقُوهُنَّ بِمَعْرُوفٍ وَأَشْهِدُوا ذَوَيْ عَدْلٍ مِّنكُمْ وَأَقِيمُوا الشَّهَادَةَ لِلَّهِfa-idhā balaghna ajalahunna fa-amsikūhunna bi-maʿrūfinaw fāriqūhunna bi-maʿrūfinwa-ashhidū dhaway ʿadlin minkumwa-aqīmū sh-shahādata li-llāhLorsqu'elles atteignent leur terme, retenez-les avec ce qui est reconnu (maʿrūf)ou séparez-vous d'elles avec ce qui est reconnu.Et appelez deux témoins équitables (dhaway ʿadlin) d'entre vouset établissez le témoignage pour Allaah.
S.2:282وَاسْتَشْهِدُوا شَهِيدَيْنِ مِن رِّجَالِكُمْwa-stashhidū shahīdayni min rijālikumAppelez deux témoins parmi vos hommes…
S.2:229الطَّلَاقُ مَرَّتَانِ ۖ فَإِمْسَاكٌ بِمَعْرُوفٍ أَوْ تَسْرِيحٌ بِإِحْسَانٍ ۗ وَلَا يَحِلُّ لَكُمْ أَن تَأْخُذُوا مِمَّا آتَيْتُمُوهُنَّ شَيْئًا إِلَّا أَن يَخَافَا أَلَّا يُقِيمَا حُدُودَ اللَّهِaṭ-ṭalāqu marratānfa-imsākun bi-maʿrūfinaw tasrīḥun bi-iḥsāninwa-lā yaḥillu lakum an taʾkhudhū mimmā ātaytumūhunna shayʾanillā an yakhāfā allā yuqīmā ḥudūda llāhLe ṭalāq est deux fois (marratān).Puis, soit une rétention avec ce qui est reconnu (bi-maʿrūfin),soit une libération dans l'excellence (bi-iḥsānin).Il ne vous est pas permis de reprendre quoi que ce soit de ce que vous leur avez donnéà moins que tous deux ne craignent de ne pas respecter les limites d'Allaah.
S.2:230فَإِن طَلَّقَهَا فَلَا تَحِلُّ لَهُ مِن بَعْدُ حَتَّىٰ تَنكِحَ زَوْجًا غَيْرَهُ ۗ فَإِن طَلَّقَهَا فَلَا جُنَاحَ عَلَيْهِمَا أَن يَتَرَاجَعَا إِن ظَنَّا أَن يُقِيمَا حُدُودَ اللَّهِfa-in ṭallaqahāfa-lā taḥillu lahu min baʿdu ḥattā tankiḥa zawjan ghayrahfa-in ṭallaqahāfa-lā junāḥa ʿalayhimā an yatarājaʿāin ẓannā an yuqīmā ḥudūda llāhS'il la libère(troisième fois après les deux fois précédentes citées en 2:229),elle ne lui est plus permise ensuite tant qu'elle ne s'est pas unie à un autre époux.Si celui-là aussi la libère,il n'y a pas de faute pour eux deux à se retrouver,s'ils pensent pouvoir respecter les limites d'Allaah.
S.2:231وَإِذَا طَلَّقْتُمُ النِّسَاءَ فَبَلَغْنَ أَجَلَهُنَّ فَأَمْسِكُوهُنَّ بِمَعْرُوفٍ أَوْ سَرِّحُوهُنَّ بِمَعْرُوفٍ ۚ وَلَا تُمْسِكُوهُنَّ ضِرَارًا لِّتَعْتَدُواwa-idhā ṭallaqtumu n-nisāʾa fa-balaghna ajalahunnafa-amsikūhunna bi-maʿrūfinaw sarriḥūhunna bi-maʿrūfinwa-lā tumsikūhunna ḍirāran li-taʿtadūQuand vous libérez les femmes et qu'elles atteignent leur termeretenez-les avec ce qui est reconnu,ou libérez-les avec ce qui est reconnu.Ne les retenez pas pour leur nuire (ḍirāran) dans le but de transgresser.
wa-l-muṭallaqātu yatarabbaṣna bi-anfusihinna
fa-in ṭallaqahā fa-lā taḥillu lahu min baʿdu ḥattā tankiḥa zawjan ghayrah — fa-in ṭallaqahā fa-lā junāḥa ʿalayhimā an yatarājaʿā in ẓannā an yuqīmā ḥudūda llāhS'il la libère [une troisième fois], elle ne lui est plus licite ensuite — jusqu'à ce qu'elle contracte union avec un autre époux. Si celui-là la libère à son tour, il n'y a pas de faute pour eux deux à se retrouver, s'ils estiment pouvoir respecter les ḥudūd d'Allaah.
S.2:228وَالْمُطَلَّقَاتُ يَتَرَبَّصْنَ بِأَنفُسِهِنَّ ثَلَاثَةَ قُرُوءٍ وَلَا يَحِلُّ لَهُنَّ أَن يَكْتُمْنَ مَا خَلَقَ اللَّهُ فِي أَرْحَامِهِنَّ إِن كُنَّ يُؤْمِنَّ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ وَبُعُولَتُهُنَّ أَحَقُّ بِرَدِّهِنَّ فِي ذَٰلِكَ إِن أَرَادُوا إِصْلَاحًا وَلَهُنَّ مِثْلُ الَّذِي عَلَيْهِنَّ بِالْمَعْرُوفِ وَلِلرِّجَالِ عَلَيْهِنَّ دَرَجَةٌ وَاللَّهُ عَزِيزٌ حَكِيمٌWa-l-muṭallaqātu yatarabbaṣna bi-anfusihinna thalāthata qurūʾinLes femmes à qui le ṭalāq a été appliqué observent, par elles-mêmes, une attente de trois qurūʾ —wa-lā yaḥillu lahunna an yaktumna mā khalaqa llāhu fī arḥāmihinnail ne leur est pas permis de dissimuler ce qu'Allaah a créé dans leurs matrices,in kunna yuʾminna bi-llāhi wa-l-yawmi l-ākhirisi elles croient en Allaah et au Jour dernier.wa-buʿūlatuhunna aḥaqqu bi-raddihinna fī dhālika in arādū iṣlāḥanEt leurs conjoint (buʿūla) ont priorité à les reconduire durant cette période — s'ils veulent la réconciliation (iṣlāḥ).wa-lahunna mithlu lladhī ʿalayhinna bi-l-maʿrūfiElles ont des droits équivalents à ce qui est attendu d'elles, selon le maʿrūf.wa-li-r-rijāli ʿalayhinna darajatunEt les hommes ont sur elles une daraja.wa-llāhu ʿazīzun ḥakīmAllaah est ʿAzīz, Ḥakīm.
S.65:1يَا أَيُّهَا النَّبِيُّ إِذَا طَلَّقْتُمُ النِّسَاءَ فَطَلِّقُوهُنَّ لِعِدَّتِهِنَّ وَأَحْصُوا الْعِدَّةَ ۖ وَاتَّقُوا اللَّهَ رَبَّكُمْ ۖ لَا تُخْرِجُوهُنَّ مِن بُيُوتِهِنَّ وَلَا يَخْرُجْنَ إِلَّا أَن يَأْتِينَ بِفَاحِشَةٍ مُّبَيِّنَةٍyā ayyuhā n-nabiyyu idhā ṭallaqtumu n-nisāʾa fa-ṭalliqūhunna li-ʿiddatihinna wa-aḥṣū l-ʿiddatawa-ttaqū llāha rabbakumlā tukhrijūhunna min buyūtihinna wa-lā yakhrujnaillā an yaʾtīna bi-fāḥishatin mubayyinaLorsque vous libérez les femmes, libérez-les pour leur ʿidda et comptez l'ʿidda.Prémunissez vous de Allaah votre Seigneur.Ne les faites pas sortir de leurs demeures (buyūtihinna) et qu'elles ne sortent pasà moins qu'elles ne commettent une immoralité avérée.
لَا تُخْرِجُوهُنَّ مِن بُيُوتِهِنَّ وَلَا يَخْرُجْنَ إِلَّا أَن يَأْتِينَ بِفَاحِشَةٍ مُّبَيِّنَةٍ
أَسْكِنُوهُنَّ مِنْ حَيْثُ سَكَنتُم مِّن وُجْدِكُمْaskinūhunna min ḥaythu sakantum min wujdikum"Logez-les là où vous résidez, selon vos moyens."
S.65:6أَسْكِنُوهُنَّ مِنْ حَيْثُ سَكَنتُم مِّن وُجْدِكُمْ وَلَا تُضَارُّوهُنَّ لِتُضَيِّقُوا عَلَيْهِنَّ ۚ وَإِن كُنَّ أُولَاتِ حَمْلٍ فَأَنفِقُوا عَلَيْهِنَّ حَتَّىٰ يَضَعْنَ حَمْلَهُنَّaskinūhunna min ḥaythu sakantum min wujdikumwa-lā tuḍārrūhunna li-tuḍayyiqū ʿalayhinnawa-in kunna ulāti ḥamlin fa-anfiqū ʿalayhinna ḥattā yaḍaʿna ḥamlahunnaLogez-les là où vous résidez, selon vos moyens.Ne leur causez pas de tort pour les mettre dans l'étroitesse.Si elles sont enceintes, pourvoyez à leurs besoins jusqu'à leur accouchement.
S.4:35وَإِنْ خِفْتُمْ شِقَاقَ بَيْنِهِمَا فَابْعَثُوا حَكَمًا مِّنْ أَهْلِهِ وَحَكَمًا مِّنْ أَهْلِهَا إِن يُرِيدَا إِصْلَاحًا يُوَفِّقِ اللَّهُ بَيْنَهُمَا ۗ إِنَّ اللَّهَ كَانَ عَلِيمًا خَبِيرًاwa-in khiftum shiqāqa baynahimā fa-bʿathū ḥakaman min ahlihi wa-ḥakaman min ahlihāin yurīdā iṣlāḥan yuwaffiqi llāhu baynahumā — inna llāha kāna ʿalīman khabīrāSi vous craignez une rupture entre eux deux — envoyez un arbitre (ḥakam) de sa famille et un arbitre de la famille d'elle.S'ils veulent la réconciliation (iṣlāḥ), Allaah accordera l'entente entre eux. Allaah est sachant, avisé.
S.4:128وَإِنِ امْرَأَةٌ خَافَتْ مِن بَعْلِهَا نُشُوزًا أَوْ إِعْرَاضًا فَلَا جُنَاحَ عَلَيْهِمَا أَن يُصْلِحَا بَيْنَهُمَا صُلْحًا ۚ وَالصُّلْحُ خَيْرٌwa-ini mraʾatun khāfat min baʿlihā nushūzan aw iʿrāḍanfa-lā junāḥa ʿalayhimā an yuṣliḥā baynahumā ṣulḥanwa-ṣ-ṣulḥu khayrSi une femme craint de son époux du nushūz (refus d'égard) ou un désengagementil n'y a pas de faute pour eux deux à se trouver un arrangement (ṣulḥ).Et l'arrangement est meilleur.
S.24:32–33وَأَنكِحُوا الْأَيَامَىٰ مِنكُمْ وَالصَّالِحِينَ مِنْ عِبَادِكُمْ وَإِمَائِكُمْ ۚ إِن يَكُونُوا فُقَرَاءَ يُغْنِهِمُ اللَّهُ مِن فَضْلِهِ ۗ وَاللَّهُ وَاسِعٌ عَلِيمٌ ﴿٣٢﴾ وَلْيَسْتَعْفِفِ الَّذِينَ لَا يَجِدُونَ نِكَاحًا حَتَّىٰ يُغْنِيَهُمُ اللَّهُ مِن فَضْلِهِWa-ankiḥū l-ayāmā minkumFacilitez les unions des ayāmā (celui qui se trouve sans conjoint) d'entre vouswa-ṣ-ṣāliḥīna min ʿibādikum wa-imāʾikumainsi que des ṣāliḥīn parmi vos ʿibād et vos imāʾ.in yakūnū fuqarāʾa yughnihimu llāhu min faḍlihiS'ils sont dans le dénuement, Allaah les mettra à l'aise par Sa faḍl.wa-llāhu wāsiʿun ʿalīmAllaah est Wāsiʿ, ʿAlīm.Wa-l-yastaʿfifi lladhīna lā yajidūna nikāḥanQue ceux qui ne trouvent pas accès au nikāḥ se préserventḥattā yughniyhumu llāhu min faḍlihijusqu'à ce qu'Allaah les mette à l'aise par Sa faḍl.
CE QUE LE TEXTE ÉTABLIT — RÉCAPITULATIFLe Coran construit autour du nikāḥ une architecture qui va dans un seul sens :faciliter l'union, ralentir la séparation, orienter chaque étape vers la réconciliation.(le premier signal)Le mīthāq ghalīẓ (S.4:21) dit que l'union est pesante, difficile à défaire.(le deuxième signal)L'impératif de S.24:32 dit que la communauté a la responsabilité de la rendre accessible à tous, y compris aux pauvres.(le troisième signal)La structure en deux ṭalāqs avec ʿidda, arbitres et témoins (S.2:229 · S.4:35 · S.65:2) dit que la rupture doit traverser un processus.Inverser cette logique — rendre l'union difficile à contracter par des exigences financières excessives, et rendre la séparation immédiate par un ṭalāq verbal sans processus — c'est retourner la structure coranique contre elle-même.Le texte dit explicitement que celui qui ne trouve pas accès au nikāḥ est dans une situation de pression (lā yajidūna nikāḥan, S.24:33).Ce que les êtres humains font ensuite de cette pression, le texte ne le dit pas,mais il pose la condition structurelle qui la produit, et en désigne clairement la cause :le manquement de la communauté à son devoir de facilitation.Cette étude s'en tient à ce que le texte dit. Elle ne désigne aucune communauté, aucune tradition, aucune institution.Mais elle dit ce que le texte dit — et tout lecteur honnête mesurera par lui-même l'écart entre la structure coranique et les pratiques qu'il observe autour de lui.